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Des vidéos qui rendent justice

Écrit le 5 mars 2018

Entrevue avec Bruno Marchand, réalisateur chez Kabane, à propos du projet vidéo « Les visages de la justice », réalisé en collaboration avec Avocats sans frontières Canada. 

Kabane a récemment signé une série de quatre capsules soulignant les 15 ans d'engagement des partenaires terrains d'Avocats sans frontière Canada (ASFC). Le vidéaste Bruno Marchand a dû déployer l'impossible en coordonnant le tournage des capsules à distance de pair avec l'équipe d'ASFC. Comment est-il parvenu à un résultat aussi touchant, « Les visages de la justice » en aussi peu de temps et en coordonnant des intervenants de 4 pays? Une rencontre avec Bruno m'a permis de mieux comprendre ce projet, parmi les favoris de notre agence.

Quand ASFC a approché Kabane, quels étaient leurs besoins? C'était leur idée, ces tournages aux 4 coins du monde?

Au départ, les clients voulaient faire une vidéo à diffuser pendant un événement créé pour souligner leur 15 ans d'existence. Ils nous ont approchés avec l'idée d'interviewer des gens d'ASFC qui avaient travaillé dans différents pays sur différentes problématiques et d'en faire une capsule vidéo à montrer pendant la soirée.

Moi, tout de suite, je me suis demandé : est-ce que c'est un peu étrange de prendre des Canadiens pour parler de causes qui sont propres à d'autres pays? Je me suis dit que ce serait sans doute plus intéressant d'entendre parler des gens de ces pays, qui sont impliqués émotionnellement et au quotidien avec ces problématiques.

C'est toi que leur ont suggéré d'interviewer des intervenants dans les pays où ils ont opéré?

En effet. Mais quand j'ai émis la possibilité de pouvoir parler aux vrais acteurs, qui sont sur le terrain, la problématique technique s'est tout de suite posée : il faudrait se rendre sur le terrain pour les filmer. D'expérience, je me suis dit, si on pense à ce dont on a vraiment besoin pour faire ce projet-là, essentiellement, on doit avoir une caméra qui a du bon sens et un interviewer qui est capable de diriger l'entrevue. On a donc challengé la demande client pour la rediriger vers ce qui est devenu les « Visages de la justice ».

Et ASFC a tout de suite embarqué dans le projet?

Oui. Et même, ce sont les gens d'ASFC qui devaient être interviewés à la base, qui sont devenus nos coordinateurs à l'étranger. C'est eux qui ont trouvé des équipes de tournage locales. De notre côté, on a créé des documents contenant des spécifications techniques et des recommandations sur le genre d'« inserts », de photos, de cadrage, d'éclairage et de lieu qui conviendrait.

Comment s'est déroulée la collaboration entre ces nombreux acteurs?

Globalement ça a vraiment été un travail d'équipe. Je n'ai pas senti pendant ce projet-là que l'équipe d'ASFC était de l'externe. On était vraiment juste une gang. C'est sur que, quand on est arrivé à la présentation des capsules, on sentait qu'une fraternité s'était créée entre nos équipes. On formait vraiment un tout!

Une fois le tournage effectué au Mali, à Haïti, en Colombie et au Guatemala, les entrevues t'étaient directement transmises. Comment tu as travaillé à partir de ce moment?

En fait, je me suis ramassé à avoir 4 entrevues de 2 heures, dont 2 étaient en espagnol. Heureusement que mon Espagnol n'est pas si pire! La façon dont j'ai travaillé c'est vraiment en m'isolant, pour pouvoir bien m'imprégner du sujet : j'ai lu, j'ai écouté des documentaires, bref, je me suis vraiment immergé dans chacun des sujets.

2 heures, ça peut paraitre long, mais c'est court comparé à ce que tout ce qu'eux avaient à nous dire. Justement Mme Mafgloire d'Haïti, j'en aurais encore pris une heure! C'est à cause de tous les petits détails qui n'ont pas nécessairement fait partie du vidéo, mais qui m'ont permis personnellement, en tant que réalisateur, de faire un meilleur montage.

J'ai eu un gros travail de synthèse à faire pour amener des entrevues de 2 heures à des 4 ou 5 minutes de capsules vidéos. Je prenais vraiment le temps d'essayer de saisir et de synthétiser pour essayer de construire un narratif qui avait du sens et qui réussissait à faire justice à la complexité des situations auxquelles j'étais confronté.

L'équipe d'ASFC a aussi été super impliquée. On avait des rencontres téléphoniques assez fréquemment et ils m'ont même mis en contact avec des spécialistes de certains événements qui pouvaient m'impliquer sur la chronologie. Des spécialistes sur l'impunité m'ont permis de mieux comprendre certaines notions relatives aux procès et au monde du droit.

Ça a pris combien de temps du début à la fin ce projet-là?

Environ 3 à 4 semaines. 

Wow. C'est court non?!
Oui, c'est vrai que ça s'est enchaîné rapidement, mais ça s'est bien passé.

Comment s'est passé la présentation des capsules au gala soulignant les 15 ans de ASFC?

L'événement au Capitole, c'était quelque chose. Les gens présents ont vraiment été touchés. J'ai vu des personnes émues, certaines aux larmes... J'ai bien fait mon travail et ça, c'est très valorisant.

En regardant les vidéos, je me disais qu'elles étaient pratiquement intemporelles. C'était ton intention?

Oui c'était un peu ça l'idée. On soulignait les 15 ans, mais on ne voulait pas faire une rétrospective strictement basée sur une liste d'accomplissements qui aurait pu « sonner » show off. Je crois que d'entendre de la bouche des intervenants des différents pays qu'ASFC les a vraiment appuyés grâce à leur expertise particulière, c'est vraiment efficace.

Sais-tu si les intervenants ont vu les vidéos?

Oui, ils les ont vus. Et le fait que les commentaires aient été aussi positifs de leur part ça m'a vraiment touché, parce que tu as toujours peur, quand tu fais ces projets-là, de mal interpréter leur propos. J'ai juste eu des bons commentaires, je suis assez fier de ça.

Ce que tu as retenu du projet?

C'est sur que j'aurais aimé être sur place pour faire mes entrevues et tout. Mais je trouve que ce projet-là a été un bel exercice pour nous montrer qu'on peut souvent faire plus si on pense différemment. En pensant comme ça, on a réussi à aller plus loin et à rendre justice à un sujet.

Bruno, avoue que c'est quand même épique ce projet-là!

Très épique!

Visitez le Vimeo d'ASFC pour visionner les 4 capsules vidéos.
Propos recueillis par Camille L. De Serres, Stratège aux communications numériques chez Kabane




Bruno Marchand
Réalisateur et motion designer chez Kabane

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